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Que faire ?
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Que faire? 29/03/96 - Higrek Haim Le mouvement social de Décembre 95 n’a pas repris. Il n’y a pas de fatalité messianique
dans la réapparition des grèves. Bien sur les questions soulevées annoncent,
dans ce contexte d’offensive capitaliste sous bonne garde, les constructions
et mouvements sociaux du XXIème siècle. Mais les problèmes caractéristiques
des mouvements sociaux et politiques trop souvent répétés durant le
XXème siècle ne semblent pas pas être réglés. Les conflits de pouvoir, d’interprétation
divergentes, de valeurs, prenant source dans la confusion des valeurs
éthiques, des concepts et des mythes, ne débouchent pas encore sur de
fécondantes dialectiques pourtant poussées de plus en plus par la nécessité. Pulsions de mort et de vie, question
de “LA LOI et de la hiérarchie”, articulation
de l’individuel et du collectif, spontanéisme et préparation laborieuse,
contestations hystérico-spectaculaires, alignées en guise d’héroïsme,
héritées des années 68 contre mouvement des Ombres, croyance et dépendance,
encore dans la bonne volonté des hommes d’Etats, des curés de toutes
confessions et des mécènes providentiels,
rendent aléatoire toute spéculation victorieuse sur une reprise
adaptée et moderne du mouvement révolutionnaire.
Toutes ces questions , confuses, diffuses,
qui par leur non-règlement, restent des entraves a l’expansion moderniste
du mouvement social, le rejetant constamment dans les ghettos des mythologies incapacitantes. La réalité est pourtant là pour se faire durement sentir. Les individus
se la prennent de plein fouet, ayant de moins en moins de temps ou de
moyens pour se reconstituer. C’est par la compréhension analytique
de cette Réalité éprouvée,
et partagée, dans toutes ses diversités,
que nous pourrons reprendre confiance en nous même et avancer de nous
même vers la transformation réelle de cette réalité . En france, espace géographique géré par l’Etat-nation du même nom, les
grèves de Décembre s’effacent de l’actualité, de la réalité. Après les
fêtes, le réveil est désagréable: Prison pour un certain nombre de manifestants
et de militants jugés gênants, mises à pieds de certains grévistes comme
à EDF, répressions et sanctions patronales ici et là, pour les non grévistes
du Privé s’étant rendus “coupables” d’absentéisme ou de retards du fait
de la grève des transports, poursuite du plan VIGIPIRATE et des délits
de faciès, offensives des caisses primaires d’assurances maladie pour
couper les vivres, ici et là, des patients jugés trop longtemps en arrêt
de travail pour dépression et ceci au mépris de toute déontologie médicale
et réalité clinique, tiers provisionnel des impôts, taxes, factures
et autres vexations “anti-relance de la petite consommation”.... Que cela soit bien compris,
il n’y aura pas de cadeaux et gare à ceux qui oseraient le contester. Les décideurs apparents ont été élu
dé-mo-cra-ti-que-ments.
Démocratie et transparence,
toujours au bénéfice des dominants, la grande supercherie du siècle
qui a fait croire aux dominés qu’ils pourraient trouver quelque bonheur
à participer à leur propre domination. De
la servitude volontaire. Démocratie, toujours étatiste, mère de toutes les démagogies,
fécondantes d’avec le père-la-trique de tous les totalitarismes. Qu’on se le dise, le capitalisme de haute volée est en marche
sur toute la planète, avec (anti-liberalisme) ou sans (libéralisme)
Etat, avec ses outils technocratiques supra-nationaux tels Maastricht,
l’ALENA, le GATT, le FMI et ses G7.
La dialectique affairiste et fondée
sur la concurrence et le profit, sans éthique, fondée sur l’utilisation
perverse de l’ETHIQUE, fidèle à sa mentalité accumulatrice est le capitalisme. Un capitalisme qui remporte la plupart
des batailles de la guerre sociale, un capitalisme en paix avec sa conscience
de classe, un capitalisme producteur, vendeur et diffuseur de sa propre
culture utopique de classe. Un capitalisme prêt a payer le prix
fort pour pour mettre à son service dans une finalité répressive et
pour défendre coûte que coûte ses intérêts, tout ce que la planète comporte d’individus pervers, “sans foi ni
loi”, prêts à la faveur du chômage à endosser un uniforme pour défendre
le mouvement capitaliste. Mouvement, rendu possible par l’unicité
(malgré ses variantes nationales) du système monétaire: l’argent capitaliste est accumulable et spéculable,
et c’est lui qui désormais impose les nouveaux modes de “travail exploité”
pour la construction des projets les plus mégalo-maniaques.
Les anciens bourgeois n’ayant pas assuré
la concurrence, les artisans et petits commerçants, les travailleurs
libéraux où salariés, les travailleurs de services publics... Allez
hop à la trappe, vous n’êtes plus rien, vous serez dépossédés et à nouveau
trié sur le volet selon votre capacité de servilité. Quand aux autres,
à la casse? Voilà dans quel monde
arrivent nos jeunes, avec leurs envies de vivre...Eux aussi, de la maternelle
à l’université triés sur le volet.
Qu’on soit en zone “démocratique” ou dictatoriale, pour tous les habitants de la planète quels que soient
leurs savoir faire et leurs aspirations à l’autonomie, la grande sélection à commencée. C’est un processus de “NAZIFICATION”, qui garanti avec chantage permanent aux plus
conformisés quelques miette du gâteau, et aux autres, exclus et futurs
exclus, une gestion de leur misère selon les différentes gestion politiques
locales: mort lente (drogues non contrôlées, prestations
sanitaires sélectionnées) ou plus
rapides (accidents de stress, suicides, SIDA...) et mises en ghettos
assistés, pour le minimum, bien sur sous
bonne garde (contrôle social) pour les risques de débordements,
ailleurs exterminations , passives ( famines, épidémies, usure au
travaux obligés) ou actives
(guerres, génocides...). Tout cela reposant sur
deux entités: l’automatisation du travail (la machine remplace l’homme)
et la sur-exploitation à outrance et jusqu’à ce que mort s’en suive,
dans le tiers monde, des enfants en particulier, par le biais des multinationales
délocalisées. Les alternatives nationalistes et/ou
xénophobes et/ou racistes, qu’elles soient laïques, intégristes, païennes,
ne sont que de fausses alternatives porteuses de mort, de désolation,
de guerres et d’ecclosions de régimes politiques monstrueux. Le seul
débouché de ces pseudo-alternatives étant, aussi, la pérénisation du
trafic d’armes (plus sophistiquées les unes que les autres) profitant
aux différents complexes militaro-industriels parties prenantes du mouvement
capitaliste. Et ne parlons pas du trafic mondial
de drogue, faisant par son interdit, office de spéculation à investissements
parsemés dans toutes les sphères capitalistes grâce à la plus-value
offerte par la “guerre à la drogue” et office d’agent exterminateur
de tous les indésirables en contact. D’ une pierre, deux coups! Que dire aussi, lorsqu’on parle de “NAZIFICATION”, de la volonté de destruction des liens de la filiation
ou des liens sociaux mis en oeuvre par les dominants. Ils mettent
en valeur la volonté destructrice du terreau premier de l’autonomisation
sociale des individus. C’est ce que l’on constate lorsque l’on voit des familles entières
se retrouver atomisées et dispersées par l’état de misère.
Le mouvement capitaliste, les Etats
et leurs hordes de petits chefs exécutants, organisateurs hiérarchiques,
élaborateurs de règlements toujours plus technocratiques et coercitifs,
sont en rupture, en détournement
pervers des lois les plus élémentaires de la socialité civile de l’humain,
de “LA LOI”. C’est donc au “mouvement
révolutionnaire” de mettre hors d’état de nuire d’une façon définitive et selon des stratégies
convergentes, conforme à l’esprit éthique de “LA LOI”, tous ces “hors
la loi”: capitalistes, étatistes et leurs agents serviteurs.
Pour abattre la perversion, il nous faut pour cela être par nécessité subversifs. La subversion ayant pour tâches de mettre en lumière l’aspect pervers de la domination d’une part
et d’autre part de TUER à proprement parler la perversion, en débusquant
de façon occulte ses points faibles, ses talons d’Achille et en frappant de la façon la plus efficace possible, jusqu’a
ce que mort s’en suive. Le SUBVERS, est un individualiste sociable, orienté
vers la vie dans sa diversité. Il est le “JE”. Le PERVERS est un égocentrique dominant et faussement
sociable, orienté vers la mort. Il est le “MOI”. D’un point de vue symbolique, le “JE”
doit tuer le “MOI”, ce qui ne signifie “pas que je doive me tuer” mais
que, c’est au “JE” sociable et respectueux de tous les “JE”(s), de maîtriser
le “MOI”, et non l’inverse, si nous voulons vivre dans une civilisation
digne de ce nom et non pas dans l’Etat de barbarie malheureusement encore
inachevé. Le pervers, souvent séducteur, se veut et se met toujours au dessus de la
loi, à tel point qu’il donne l’illusion à ses naïves victimes d’être
le gardien de cette loi. Le pervers élabore des
règlements, qu’il fait passer pour des lois ou qui sont censés faire
respecter LA LOI, alors qu’ils ne servent que ses intérêts les plus
narcissiques ainsi qu’à une moindre mesure selon la hiérarchie, ceux
de ses serviteurs les plus fidèles.
Pour que se remette en mouvement la socialité civilisatrice et émancipatrice,
il nous faut donc nous servir de la lumière des connaissances les plus
poussées en matière des lois de la nature humaine et de la nature en
général, d’un point de vue ecosystémique, psychologique, sociologique,
“économique”, philosophique, biologique, physiologique, pathologique,
poétique etc... C’est à dire pluri-disciplinaire évoluant vers la convergence
fédérale et synthétique, tout en reposant
sur le respect de la subjectivité et de l’inter-subjectivité.
Réduire la question sociale à sa dimension
économique ou politique, pour espérer s’en sortir est le piège grossier
dans lequel nous sommes tombés historiquement, alors que ces deux dimensions
sont portées essentiellement par le capitalisme et l’Etat et que dans
cette course, ils sont gagnants. De la même façon, réduire la question
sociale actuelle à un manque d’argent, c’est la condamner au cours terme. Le court terme, la domination s’en régale,
elle qui s’inscrit dans la durée pour donner l’illusion de son éternité
fatale. L’argent est certes nécessaire, et on ne peut qu’encourrager les mouvements
de reprise d’un peu de liquidités pour une vie ou une survie immédiate,
alors que le mouvement capitaliste oeuvre à aspirer vers lui la monnaie
circulante dans la société afin de mieux contrôler dans cette société
les échanges obéissants aux “lois naturelles” de cette monnaie capitaliste. La carte à puce, faisant disparaître
à terme, la petite monnaie sonnante et trébuchante, c’en sera fini des
“plans démerdes”, du travail au noir, des économies souterraines de
survie et parfois de vie, de la “manche” etc... Chaque citoyen aura sa carte, garnie,
selon qu’il sera plus ou moins reconnu comme “bon sujet” par le système
dominant. Dévaluer le travail au profit de la
monnaie (slogans du genre “le travail on s’en fout, c’est la tune qu’il
nous faut”), c’est justement faire le jeu du capitalisme, lui qui est
en pleine offensive de dévaluation des capacités créatrices et des savoir
faire humains. Condamner, le travail
dans sa globalité, c’est faire l’impasse sur la seule revendication
liée à l’activité créatrice ou d’entraide sociale, de la lutte contre
le travail exploité (esclavagiste ou salarial), au profit du travail
libre. Le mot travail ayant
certes des racines communes d’avec celui de torture, mieux vaudrait
parler d’activité créatrice et d’échange. Mais dans tous les cas, travail ou activité, c’est l’exploitation
de l’humain par l’humain, voire de l’animal par l’humain, qu’il faut
sans relâche attaquer! Cette exploitation étant, par nature, toujours servile, sujette
à la domination, à l’autorité du “plus fort”. Cette exploitation étant
elle-même la véritable torture.
De la même façon, faire inconsciemment
l’apologie de la misère comme mode de vie, au nom d’une démagogie militante
reposant sur un sentiment de culpabilité, comme le font certains
groupes “radicaux-alternatifs”, c’est en revenir à faire l’apologie
de la richesse pour quelques uns , de la misère pour les autres. Tout en rendant suspects de “tendances
petites bourgeoises” ceux qui essaient de vivre décemment malgré tout,
sans exploiter personne. Là aussi, c’est le jeu du capitalisme,
qui tend actuellement à la dépossession généralisée. Nous ne pouvons que faire l’apologie
du bonheur pour chacun et de l’abondance des richesses crées librement
et partagées selon les besoins du tout un chacun.
Ainsi donc, nous le savons,
le XXIème siècle s’annonce sans pitié, sans compter que l’affolante course au profit capitaliste
accélérant sans cesse, cela risque de nous précipiter tous dans le Chaos
et la mort. Plus que jamais, la destitution
définitive de la domination, se rend chaque jours, plus nécessaire d’un point de vue vital.
Un tendre naïf me montrait l’autre jours
des photos de son bébé et l’une d’entre elle le montrait en train de
lever le poing. Il me dit “Ce sera une révolutionnaire, enfin je n’espère
pas”. ça n’était pas dans ses idées.Je lui dit, “elle le sera peut-être
par nécessité”.”Vous êtes pessimiste” me répondit-il.”Non, réaliste.” Nous jouons contre la
montre,
un mouvement civilisatoire et émancipateur de dimension humaine, mettra
probablement du temps pour arriver
à maturité. Il devra s’inscrire dans la durée et se développer sans
cesse, dépassant à chaque étape difficile de sa croissance les différents
obstacles que le réel lui imposera . Ce mouvement, nous pouvons en être les
“parents”, les “grands frères”, “les grandes soeurs”. C’est à nous autres,
aujourd’hui, quelque soient nos trajectoires individuelles, avec la
richesse de la diversité de nos savoir faire, qu’incombe le devoir social
de défricher les chemins, d’ouvrir les brèches, de fabriquer les “armes”
qui permettrons aux petits êtres naissants, encouragés par les discours
et pratiques psycho-pédagogiques moderne au développement personnel,
à l’autonomie, de se confronter avec toute la vitalité de la jeunesse
au mode de vie que les dominants voudront leur imposer et qui s’avèrera
trop étroit et trop sélectif.
Tout ce que n’ont pas su faire les générations
précédentes, aussi bien celles qui ont fait la guerre sans la philosophie
des “arts martiaux”, que les générations soixante-huitardes trop occupées
à jouir dans l’inceste et la promiscuité pour nous pondre autre chose
qu’une victoire de Mitterrand en 1981. La vie contre la mort,
la bombe humaine contre la bombe nucléaire: Tel est l’enjeu du XXIème
siècle.
N’oublions pas qu’un de nos principaux
atouts psychologiques nous est donné par le sens de l’altérité et du
subjectif. Et que cela nous permet d’être apte à penser la domination
dans son fonctionnement et par conséquent à en dépister les points faibles,
alors que cette domination perverse
ne peut ni se penser elle même, ni penser le mouvement qui s’oppose
à elle, de par sa carence organique en altérité, en sentiment de l’autre
et du subjectif. La domination, n’est que brutale, anihilante,
ne reposant que sur la séduction des naïfs et le mensonge pour se faire
aimer et sur la violence et l’interdit lorsqu’elle se sent menacée. Elle tient son héritage psycho-social
des temps les plus éloignés et se pérenise de générations en générations
par la dialectique du malheur et de la souffrance. Voici pourquoi la stratégie, consistera
à ne laisser jamais penser à la domination qu’elle se trouve en position
de faiblesse, surtout au moment ou nous aurions la responsabilité historique
et possible de la détruire, car sa réaction ultra-brutale est foudroyante.
Pour préparer le terrain,
il nous faut opérer certaines ruptures. En nous-même aussi, par le dépassement
de l’état d’esprit judéo-islamo-chrétien, état d’esprit moralisant et
servile qui a pénétré les consciences (bonnes), même des plus laïques
d’entre nous. Si la révolution sociale s’attend comme
le messie, se rêve comme le paradis après la mort, ou bien promet l’application
de la charria aux infidèles, même dans les transpositions les plus laïcisées,
alors ce n’est plus la peine d’aller plus loin, autant se mettre de
plein pieds dans les religions monothéistes, on y découvrira peut-être
quelques transcendances illusoires
mais bien vécues... La morale et la religion (au sens relier) se doivent d’être dépassées par
l’élaboration pratique d’une Ethique de sociabilité s’appliquant par et pour le développement autonome
subjectif et les relations transversales, sans frontières, autonomes inter-subjectives. D’autres ruptures s’avèrent indispensables,
comme celles de ne pas faire alliances avec des forces visant la domination
autoritaire, même pour faire un petit bout de chemin ensemble, comme
on dit. Rupture d’avec le productivisme capitaliste,
qui ne doit pas être suivi à n’importe quel prix sous prétexte de la
défense de l’emploi. Nous devons favoriser, répètons le,
dans le cadre du travail non-exploité, les petites unités de production
et de créations, proches de la terre, respectant les éco-systèmes, en
ne gardant du modernisme que les ressources d’énergies non polluantes
et les systèmes de communications et d’informations
décentralisées (Internet, micro-informatique...).
Rupture d’avec le monétarisme capitaliste. Aujourd’hui se développent dans un but
de survivance ou d’amélioration du quotidien un certain nombre de réseaux
sociaux et locaux, d’échanges de savoirs faire et/ou de produits dépassant
dans leurs pratiques a la fois le simple troc et la monnaie capitaliste.
Comment transformer le
plomb en or, ou l’Or en plomb, ce qui revient au même? La question des alchimistes se pose a nouveau dans des termes de dépassement du salariat
et de la monnaie capitaliste dont nous dépendons tous actuellement. Ce qui se fait à l’echelon local, peut
s’envisager à l’échelon régional, planétaire surtout. On peut y être
largement aidé par l’utilisation de réseau de communications tel Internet. Inventer une monnaie
(battre monnaie?) non-capitalisable s’indexant sur le service ou
le produit en circulation (offre/demande) et renfermant dans ses principes
d’utilisation et de validation, les principes Ethique d’une socialité
libre. Qu’une partie du monde que le capitalisme
veut exclure de son économie se mette à fonctionner sur ces bases aussi
bien dans les luttes que dans la créativité, et les rapports de forces
peuvent se retrouver inversés. Mais cela demande tout
un travail d’élaboration et d’échanges avec les actuels travailleurs
associés en internationale et oeuvrant pour leur émancipation du joug
capitaliste. Et si le piratage, permet de rendre
la vie impossible aux transactions capitalistes sur les réseau de communications,
cela contribuera à l’isoler un peu plus. Mais gare à la répression.
Rupture politique, par l’élaboration
d’un droit civil fondé sur l’Ethique
incluant le règlement des litiges même graves,
s’opposant au droit pénal de l’Etat avec abolition du principe
d’enfermement pénal.
Rupture linguistique et culturelle avec
d’un côté le développement entièrement libre conformément aux filiations
sociales et aux choix des individus, de pratiquer la ou les langues
existantes, de leur choix et de l’autre côté le devoir d’adopter une
langue planétaire, devant permettre à chaque habitant de la planète
de pouvoir communiquer aux quatre coins. L’Espéranto pourrait être considéré
comme l’archétype de cette langue planétaire.
Rupture fondée sur la responsabilisation
de l’individu quant à ses actes et engagements, ses droits étant garantis
par ses devoirs et réciproquement. Le devoir premier étant le respect du droit de l’autre...et
réciproquement. Rupture au niveau géo-politique: Les
Etats-nations, les blocs d’interêts continentaux ou impérialistes, doivent
disparaître pour laisser place à la fédération
inter-régionale de dimension planétaire. Fédération d’individus et d’associations d’individus. Inter-régionales et non plus internationales,
l’Etat-nation devant être abolit. La région pouvant s’appuyer, sur des
associations, des individus ou des communes elles- même fédérées. La région pouvant correspondre à différentes
réalités qu’elles soient écosystémiques, centrées sur un pool d’activités,
sur une culture ou une langue, voire même sur des distances plus éclatées
(possible avec les nouveaux moyens de communication). La règle devant être
la libre circulation des individus: articulation nomades/sédentaires,
et l’impossibilité du droit du sang. Enfin planétaire, parce que la seule
réponse constructive possible a l’extension
mondiale du capitalisme, ne peut se faire qu’à échelle planétaire. Toute une civilisation à mettre en oeuvre dés aujourd’hui que
se soit a travers des luttes sociales, comme à travers les constructions
communicationelles. Le tout reposant sur une Ethique et
un droit civil garantissant la sociabilité libertaire et le libre épanouissement
autonome des individus, comme réalité normative. Sur une “économie” fondée sur la richesse
et la diversité des productions en libre circulation sur la base du
principe de droits/devoirs: “De chacun selon ses capacités à chacun
selon ses besoins” L’individu ayant droit, au minimum,
au logement, a la nourriture, a la communication, aux soins décents,
au voyage, à l’habillement selon ses goûts, a la culture... Peu d’individus seraient des parasites
totaux dans une société où l’autre est écouté. L’existence d’une monnaie
non capitalisable rend impossible autrement que par la force, l’appropriation
démesurée des biens. Bref, un parasitage bien modeste en regard du parasitisme
des capitalistes et des dominants qui ne semble, lui, n’avoir aucun
frein. Enfin cet édifice libertaire ne peut reposer, de façon consciente que sur la
lutte pour la disparition totale de toutes les dominations politiques
accompagnées de leur corollaires répressifs, militaires et spirituels
en particulier celles des Etats sous toutes leurs formes, y compris
les plus démocratiques. Ce couronnement politique garantissant
l’autonomie de la socialité libertaire, représente à proprement parler
le projet AN-ARCHISTE.
Que tous ceux qui sentent la nécessité
de mettre en chantier un tel projet, sachent retrousser leurs manches
et mettre leurs savoirs-faires les plus divers, en accord avec leurs
personnalités et oeuvrent là ou ils sont, de façon associée ou individuelle,
de manière occulte ou plus visible.
Que faire?
Nous traçons notre route
en marchant.
Le 29/03/96; Higrek Haim
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