François BAYROU, sera le prochain Président de la Vème République !



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RUBRIQUE “ACTUALITÉ CONCERNANT LES ÉLECTIONS 2007”:

François BAYROU, sera le prochain
Président de la Vème République !
(Jacques DUYVEM - Mars 2007)

       Il est certes provocateur de lancer telle affirmation, alors que la campagne officielle n’est pas encore lancée.
On sait bien, cependant, que ce qui se joue dans une courte campagne est déjà à l’oeuvre depuis longtemps et que les différences, pour le premier tour, qui permettent à un candidat de se retrouver au second tour, sont minimes en regard des millions d’électeurs, puisqu’elles se chiffrent en quelques centaines de milliers de voix. En 2002, deux cent milles voix séparaient Lionel JOSPIN de Jean-Marie LE PEN. Il parait pour en revenir au titre de cet article, volontairement provocateur, que les parieurs Britanniques (C’est un sport chez eux que de jouer de l’argent sur les candidats lors des élections françaises) commencent à miser gros sur François BAYROU, ce qui est intéressant du point de vue d’un regard plus distant. Mais revenons à l’hexagone et abordons les sondages, surtout lorsque les écarts de voix ne sont que de quelques centaines de mille: ils sont de moins en moins fiables
    Ceci s’explique en partie, du fait que cela fait maintenant plus de vingt ans que les sondages rythment les élections, et si, au début, du temps où l’on votait encore par opinion directe, ils reflétaient statistiquement les opinions plus larges du moment, les gens ont depuis lors, compris leur poids comme influant l’opinion elle même. Ainsi de plus en plus de gens répondent en fonction de leur stratégie politique personnelle et non plus en dévoilant leur choix intime. On peut répondre que l’on va voter LE PEN, pour augmenter le score, faire peur et penser contribuer à déclencher une réaction contre LE PEN. L’inverse est vrai avec l’extrême gauche. Cette habitude de tronquer les réponses seraient suffisamment répandues pour que les résultats soient très biaisés donc non crédibles. Je ne m’appuierais donc très peu sur les sondages pour développer ce qui suit. Il faut cependant prendre en compte la réalité statistique, du point de vue mathématique, en regard du comportement électoral de personnes envisageant un choix inhabituel (S’inscrire sur les listes électorales quant on a bien plus de 18 ans, voter lorsque l’on s’est toujours abstenu, s’appréter à voter François BAYROU lorsque l’on a toujours voté très à gauche et qu’on a pas changé d’opinion de fond...). Si vous connaissez des gens dans ce cas dites vous qu’ils sont, sans le savoir, l’échantillon d’une tendance. S’il se passe un tel phénomène mobilisateur autour de quelques individus, alors ils sont aussi très probablement des échantillons d’une tendance bien plus générale qui est à l’oeuvre.
 
  Pourquoi donc, le candidat François BAYROU a-t-il autant de probabilités de faire un score suffisant au premier comme au second tour ? Après tout, l’homme n’a jamais rien réalisé d’extraordinaire sur la plan politique alors qu’il a été plusieurs fois ministre, il a participé à plusieurs gouvernements qui n’ont pas brillé du point de vue avancées sociales, il s’est même excusé publiquement après avoir reculé sur une réforme menaçant l’école publique - il faut cependant noter que de telles excuses ne sont pas ordinaire de la part d’un politicien. (Son soutien physique récent envers “Charlie Hebdo” attaqué juridiquement par les islamistes a été tout de même l’illustration d’une déclaration claire de laïcité finalement d’impact plus fort de la part d’un pratiquant revendiqué que s’il s’agissait d’un ultra laïc).
  Et puis, il y a eu le référendum pour le traité constitutionnel Européen, rédigé par Valéry GISCARD d'ESTAING, que François BAYROU a évidement soutenu, tout en observant la fracture qui se creusait entre la populations et les “élites” médiatico politique. Et, pourtant...
  La victoire du Non au référendum était prévisible plusieurs mois avant, comme s’était annoncé en avant première le boycott du premier Lundi de pentecôte travaillé (Pour les autres années, ils ont supprimé veulement un jour de RTT), en atteste sa netteté cinglante du point de vue des scores. Un Non très majoritaire.   
  Et l’on sait bien, que ce Non allait bien au delà du traité constitutionnel, le flou important quant aux garanties sociales, déjà très attaquées par le gouvernement de RAFFARIN, n’incitant pas à la confiance envers les “élites” zélatrices du traité. Une crise de confiance au moment d’un pacte plus contractuel que social où les gens étaient sur d’être les perdants. D’autant que les Français n’allaient pas s’aveugler devant les ratification des autres États Européens, sachant très bien que ces derniers s’étaient bien gardé de les soumettre à la décision populaire. C’est ce qui fut fait en France, et les gens s’emparèrent d’une occasion très économique de contribuer à agir leur mécontentement. Les électeurs Français se sont bien vite décomplexé, malgré les tentatives de culpabilisation des perdants, lorsqu’ils apprirent que selon les estimations si les autres États Européens avaient appliqués le référendum, bien d’autres “Non” cinglant auraient fleuri.
   Il faut cependant reconnaître que les systèmes de partis, tel le PS, l’UMP, les médias dominants, ne furent que très peu ébranlés par cette défaite et s’organisèrent rapidement de façon très arrogante, et culpabilisante,  tout en durcissant la pression sociale, en ce qui concerne l’UMP au pouvoir, et au niveau local pour le PS, tandis que le camp du NON à gauche, comme à droite s’atomisait. Le seul succès étant celui du coup de frein mis à la tendance néo-libérale contenue dans le traité. Aujourd’hui le camp du Non, au PS, a rallié Ségolène ROYAL, tout en s’étant marginalisé et à droite, l’effet Philippe DE VILLIERS n’aura pas lieu. Et c’est peut-être cela qui n’a pas été digéré par les électeurs. Jusqu’en 2002, les grand partis alternaient et donnaient le “LA” des résultats électoraux. Les électeurs suivaient majoritairement les grand partis. Certains l’ont pensé au début de la campagne du référendum pour le traité constitutionnel, en se disant que les gros partis (opposition PS, majorité UMP avec l’UDF) ayant fait le choix du OUI, les électeurs suivraient, les médias n’étant que les relais destinés à faire suivre cette injonction dont l’évidence semblait s’imposer. En disant NON à presque 60%, les lecteurs ont voulu désavouer les forces politiques dominantes qui se partagent le pouvoir et alternent dans l’aggravation de la situation depuis 25 ans. Il n’y avait donc pas que le traité qui était en jeu, mais aussi l’occasion de régler un compte avec les organisations dominantes.
   Le temps du suivi des grosses organisations politiques est donc définitivement révolu, du moins dans cette configuration. L’arrogance des partisans du OUI issus des grosses organisations, leur ayant donné l’impression que leur vote du NON avait été sans conséquences et, vu l’absence de construction d’une force du NON, si dans cette configuration, un homme issu d’une petite organisation, même de centre droit, loin du "Lepenisme", même ancien partisan du OUI et ne représentant presque lui-même leur donnera l’occasion d’infliger une défaite aux gros appareils dans le choix présidentiel. Et l’homme qui se dégage en ce sens, est depuis quelques mois François BAYROU.

  Plus à gauche, du côté des forces revendiquées anti-libérales (et pas nécessairement anti-capitaliste), la dynamique du Non n’a pas permis d’accoucher d’une force unitaire, malgré la force et la justesse de nombre de leurs analyses, car les différentes composantes sont retombées dans leurs vieux démons de l’ancien monde.
   Le mouvement communiste historique, marxiste et non marxiste, dans sa diversité, quelque soit le degré de justesse de ses aspirations fondatrices, refus, analyses et arguments (dont certains sont repris verbalement comme promesse par les autres candidats - ce qui brouille un peu plus les pistes et neutralise) ne représente pas dans cette élection de premier tour un vote agissant, tout au plus reste-t-il un vote d’opinion, mais pour les fervents de chaque regroupement (José BOVÉ, LCR, LO, PCF..et même les Verts). Le 1er tour des présidentielles, sera pour les fervents et supporters, l’occasion de se compter et de mesurer leurs tendances vis à vis d’eux mêmes et de leurs concurrents directs. Dans le cadre, bien sur, du long, très long travail historique de recomposition... Ce n’est pas si nouveau: un vote pour se compter et se comparer entre différents courants du mouvement communiste (au sens large). Mais comment mordre dés le premier tour dans les enjeux du scrutin ? C’est la question que se poseront nombre des électeurs de la “gauche de la gauche”, moins soucieux de ce jeu historique de rivalité entre les courants.
   Leur refus de cautionner une tendance arrogante, technocratique et dominatrice du PS et leur espoir de voir cette tendance s’effondrer et  permettre des remaniements vers la gauche de ce parti, leur refus radical de voir Nicolas SARKOZY gagner ces élections ou de voir LE PEN s’installer aux commandes, le fait que l’UDF soit une petite organisation politique nécessairement ouverte aux compromis et négociations de toutes parts, leur feront choisir François BAYROU comme seul vote efficace, dés le premier tour, susceptible à terme de voir leurs aspirations s’organiser politiquement de façon plus forte, même dans l’opposition.
   De toute façon, les données sociologiques (et psycho-sociologiques) n’étant plus les même que pendant les “30 glorieuses”, le classique mot d’ordre de l’extrême gauche et du PCF, de voter pour le candidat de gauche le mieux placé, de même que celui - libertaire - d’appeler à l’abstention pour tout reporter sur les luttes sociales, n’a pas la même prise dans la société actuelle, tant les enjeux sont brouillés, les perspectives d’avenir inquiétantse et les moyens d’action de masse atomisés (conséquence de la puissance de la bulle financière par rapport à l’économie matérielle). Ainsi, il est loin d’être exclu que nombre de gens qui aurait choisi l’un des candidats d’extrême gauche, du PCF - si une unité s’était construite - voire qui se serait abstenu, y compris parmi les électeurs du PS qui restent méfiants vis-à-vis du tandem ROYAL-HOLLANDE, choisissent dans le but de dynamiter la fatalité dans laquelle on les enferme, et la population avec, depuis de nombreux mois, entre Ségolène ROYAL et Nicolas SARKOZY, de faire monter François BAYROU.
  Un “vote révolutionnaire” avec l’espérance d’une respiration sociale amplifiée là où il n’y a que restrictions et protocolisations.
  L’argument d’un risque type instabilité de la IVème république ne tient pas comme dissuasion, dans la mesure où une crise de régime qui pourrait sonner la glas de la Vème république ouvrirait la voie vers une VIème, ce qui est dans l’air du temps.
   Ils savent aussi, que les options plus classiques, en cas de victoire de François BAYROU reprendront vigueur pour des législatives décomplexées et véritable test de l’ambiance politique réelle des Français.

   Lors du 2ème tour de l’élection présidentielle 2002, beaucoup, à gauche, regrettent d’avoir voté CHIRAC, contre LE PEN, car ce plébiscite appelé par l’ensemble des partis de Gauche et d’extrême Gauche (sauf LO), et même chez les abstentionnistes révolutionnaires, leur a laissé le goût amer dune abdication stérilisante de leurs positions pour les résistances qui auraient du suivre. En effet, on sait aujourd’hui, que Jacques CHIRAC serait de toute façon passé rien qu’avec les voix de droite, l’appui du MEDEF et des  bourgeoisies de droite. Une abstention, par le risque qu’elle faisait courir, aurait frappé les esprits et montré la détermination du plus grand nombre à ne pas se laisser manipuler par la droite néo-libérale.
   C’est pourtant ce qui se produisit dés les législatives qui suivirent avec Jean-Pierre RAFFARIN comme premier ministre, où l’abstention repris ses droit faisant de la majorité gouvernementale élue, une minorité réelle.
  Mais c’était trop tard, l’histoire et les brouillages médiatique de la mémoire n’aura retenu que le plébiscite de Jacques CHIRAC et oublié le retour massif de l’abstention lors des législatives. Une abstention, ayant montré qu’elle n’était pas qu’une abstention de désintérêt politique résigné à l’Américaine, mais aussi largement l’expression d’un refus, un refus modulable selon les enjeux...On connaît la suite avec des gouvernements qui n’auront eu de cesse d’accelerer le processus de destruction des services publics, de précarisation et de traite du travail, le tout encadré du répressif Nicolas SARKOZY partie prenante de tous les mauvais coups.

   Donc, visible dés 2002, vérifié lors du référendum, les gens électeurs potentiels cherchent à échapper et à contrer des alternances ou alternatives dont ils ont eu de toute part à juger les méfaits depuis plus de 20 ans et par conséquent, massivement,  louvoient, cherchent des portes de sorties, des failles à transformer le plus nombreux possible en brèches.
   Le vote de conviction s’est raréfié et ne concerne plus que les militants et les fervents et ils sont les moins nombreux. Aujourd’hui le climat de refus, dans la difficulté historique à s’organiser socialement à la base pour résister, fait qu’on vote avant tout pour “voter contre” le pouvoir en place ou ceux qui l’ont eu récemment et ont laissé dans les souvenirs le goût de la déception. Le Non au traité constitutionnel l’a prouvé, il se pourrait donc fort que l’incarnation d’un Non efficace à Nicolas SARKOZY, Ségolène ROYAL, Jean-Marie LE PEN se nomme François BAYROU et soit un NON majoritaire et irrépressible.

   Il est aussi très probable que le retrait de Nicolas HULOT, a profité à François BAYROU, plus qu’à tout autre candidat. Un Nicolas HULOT retiré de la campagne, mais qui bientôt reviendra sur le devant de la scène, fort de sa côte de popularité et donc de son influence électorale, pour dire quels sont le ou les candidats qui incarnent le mieux son pacte écologique et il se pourrait fort que François BAYROU soit son élu. En tout cas Corinne LEPAGE annonce son retrait de candidature et apporte son soutien à François BAYROU ce qui est très signifiant.

   Affirmons le, François BAYROU est le candidat efficace, l’incarnation actuelle d’un nouveau type de Non, celui qui permet, en restant “propre”, de renvoyer dos à dos les candidats qu’on leur a présenté comme les seules issues possibles depuis des mois, Nicolas SARKOZY et Ségolène ROYAL, avec en prime jean-Marie LE PEN. Tout cela avec la même vigueur que lors du Non au référendum, car il y a une faille, simple, efficace, une très belle occasion...
    Le mécontentement général, le sentiment social d’étouffer, la perspective d’une plus ample respiration, la position non dominante du parti de François BAYROU, feront que les gens, mobilisés électoralement, élimineront au premier tour très probablement Jean-Marie LE PEN et Ségolène ROYAL et au deuxième tour élimineront très majoritairement Nicolas SARKOZY. Par conséquent François BAYROU deviendra le Président de la République.

    Deux narcisso shows, dans la dominance et l’attractivité par la fascination:
Ségolène ROYAL et Nicolas SARKOZY ont en commun une position narcissique, ils fascinent plus qu’ils ne convainquent. Fascinés, le sont aussi tous ces artistes et intellectuels, particulièrement vrai pour Nicolas SARKOZY qui jouent ici les rôles nécessaires d’idiots utiles tels qu’on les voyait au XX ème siècle lors des entreprises totalitaires. Nombreux sont ceux qui ont solidement cédé à cette fascination, mais il y a une limite qui a été atteinte et plus nombreux encore sont ceux qui refusent d’y tomber, qu’elle soit pour l’un de ces deux candidats, mais aussi pour ce jeu en duo, au sein duquel ils refusent de se voir enfermés. D’autre part, chacun représente un appareil politique autoritaire, directif, qui décide avant d’écouter et n’écoute que pour mieux imposer. Cette politique est là depuis plus de 20 ans. Le PS et L’UMP (et auparavant le RPR) ont alterné tandis que les conditions de vie et les libertés se sont dégradées.
   En ce qui concerne l’UMP, ce parti et le fruit de toute une stratégie de l’ultradroite sur plus de 30 ans, lorsque les jeunes extrémistes de droite du Parti des Forces Nouvelles, eurent dissout leur organisation pour rentrer en masse au RPR d’alors et supplanter peu à peu les anciens gaullistes. Lorsque le PFN disparut, il laissa seul, à l’extrême droite, le Front National, un autre petit parti qui allait développer sa stratégie interactive avec la gauche "Mitterrandiste" au pouvoir et se développer comme on le sait. Avec l’appui dangereux de François MITTERRAND soit disant pour diviser la droite. Toujours est-il qu’en 2002, lorsqu’il fut question de choisir l’UMP contre le FN, au delà du candidat Jacques CHIRAC, les gens furent en fait sommé de choisir entre deux stratégies d’extrême droite celle issue du travail de taupe des "ex" du PFN, et celle du FN. Le verrouillage de la situation était d’autant plus solide que presque toute la gauche et nombre d’abstentionistes contestataires, cédèrent à ce choix et donnèrent aval, sans oser s’abstenir, à la stratégie des "ex" du PFN, une stratégie d’ultra-droite dont on a pu voir de RAFFARIN à de VILLEPIN, avec l’omniprésent Nicolas SARKOZY, l’accélération des ravages anti-sociaux, mais dans la suite tout de même de la politique anti-sociale d’un PS battu pour cela. Eh oui, car de toute façon, PS, UMP étaient d’accord pour engager la France, et donc les français, lors des rencontres avec l’OMC, dans un processus mondialisé qui imposait la destruction de ce qui restait de services publics. La santé et l’Education étant particulièrement visés, sans oublier la Poste (fermeture des boites postales,banque postale, attaque des droits syndicaux élémentaires..), l’EDF (on a fait croire aux gens qu’ils pouvaient devenir propriétaires d’EDF en achetant des actions, alors que l’on venait de les déposséder de ce qui était déjà leur ben commun !) Sur tous ces gros dossier Le PS et l’UMP n’ont pas de différence, ils se chargent avec des styles de communication différentes de les faire avaler, car c’est déjà décidé dans le dos des gens, dans des instances hors de tout contrôle.

   En fait, en France, nous sommes situés après la fermeture de la parenthèse. Une parenthèse ouverte avec la victoire contre le nazisme et le compromis historique entre le Parti communiste et le gaullisme sur la base des acquis sociaux du Conseil National de la Résistance et qui se referme plus de 30 ans plus tard, avec le départ progressif des anciens gaullistes et l’arrivée des jeunes générations de droite formées dans les organisation d’extrême droite.  
   Un phénomène touchant aussi la gauche, puisqu’une dérégulation des valeurs fondatrices de la laïcité aura été le creuset d’une génération post soixante-huitarde qui ayant pu faire l’économie d’une révolution constituée, a vu sa contestation dérégulée, récupérée par le libéralisme remontant des années 80, pourtant celles de la gauche au pouvoir. Et il faut désormais, dans le sens de la lutte contre la misère et pour l’émancipation inventer désormais de nouveaux outils conceptuels.

     En tout cas aujourd’hui, les gens étouffent et en ont plus qu’assez dans leur grande majorité de la vie chère, de l’arrogance satisfaite des politiques et des médias, des appareils politiques dominants qui sont arbitrairement autoritaires, remplis de caciques et d’apparatchiks arrogants, soutenus par des intellectuels et artistes fascinés, véritables “idiots utiles” et bouffons du roi - en la personne de leur chef de fil: SARKOZY et ROYAL - qui se contentent de ressasser comment il feront avaler l’innommable au lieu de penser. Des partis qui sont aventureux, sauf qu’avec eux c’est une aventure que l’on vous imposera et que votre avis ne comptera pas - ce qui n’est pas pareil qu’une aventure vraiment vécue dans une participation créative active. Un encadrement autoritaire techno-social mondialisé au PS, un encadrement techno-néolibéral  à l’UMP, avec dans les deux cas une dimension digne des anciens partis staliniens, une dimension totalitaire. Deux totalités en concurrence. En fait, comment dominer, gérer et profiter, des dividendes de la circulation mondialisée de l’argent et des marchandises à l’intérieur de l’hexagone, tout en garantissant à l’ordre mondial la paix sociale par la répression et le contôle social à l’intérieur de ses frontières. Deux grand partis sont en concurrence pour un pactole et un droit de contrôle social qu’ils ne partageront pas mais se partageront entre eux selon leurs règles hiérarchiques. Deux clans irréconciliables tant que les appareils qui les soutiennent ne sont pas ébranlés sérieusement et atomisés à leur tour par une séisme politique inattendu et contre lequel ils ne peuvent rien: leur défaite.
   Les gens ne veulent plus “être balladés”, ils attendent une certaine stabilité/instabilité où la part d’instabilité est vraiment la leur comme leur espace d’aventure et de négociation, sur ce qu’ils veulent changer de leur vie, tout en se disant que l’heure n’est plus à foncer à tout prix, mais à s’arrêter, regarder, réfléchir, écouter les uns et les autres, celles et ceux connaissent concrètement les questions auxquels elles sont confrontés au quotidien...
   L’accent mis, en question centrale, sur la réalité de la dette et de ses intérêts à payer, les interpelle car François BAYROU est le seul à le faire et que cela concerne tout le monde. En matière d’Etat, ils attendent qu’on leur fiche la paix. Ils attendront certainement plus encore, comme la transparence complète des comptes et méthodes de calcul de la cour des comptes... Leur espoir en François BAYROU restera modéré (Il n’y a plus d’homme ou de femme providentiel qui incarnerait le salut et les états de grâce ne dépassent les élections que de quelques mois), mais ils attendent une respiration politique plus ample avec des possibilité d’avancées et de négociations, où leurs avis seraient vraiment pris en compte, répondant à leurs problèmes concrets.

Ségolène ROYAL et Nicolas SARKOZY ont atteint, pour le premier tour, le maximum de leurs intentions de vote et ce taux par un processus de dé-fascination peut aussi retomber. Tandis que François BAYROU ne va voir que monter et consolider ses intentions de vote qui seconstruisent comme une fronde destinée à la défaite des têtes du PS et de l’UMP.
   L’UMP et PS, leur ressemblances et leur différences, leur opposition irréconciliable, l’un contre l’autre, construite ces derniers mois autour de Ségolène ROYAL et Nicolas SARKOZY, sont aussi leur faiblesse fondamentale, dans la mesure où si seulement l’un de ces deux concurrents se retrouve au 2ème tour, les électeurs du vaincu du premier tour se rallieront aux électeurs qui auraient voulu éliminer l’autre des le 1er tour. Sauf si l’un des deux se retrouvent face à Jean-Marie LE PEN, mais ce qui cette fois pourrait d’ailleurs favoriser une abstention de mise en garde. Si François BAYROU se retrouve au deuxième tour, il battra largement le candidat concurrent qu’il se nomme Ségolène ROYAL, Nicolas SARKOZY et bien sur Jean-Marie LE PEN (A deux mois du scrutin, si JM LE PEN a ses parrainages, rien ne peut exclure, pour le moment, un duel de 2ème tour Jean-Marie LE PEN - François BAYROU).
   Au deuxième tour, Si François BAYROU se retrouve face à Nicolas SARKOZY, il aura ses propres électeurs, les anti-SARKOZY de gauche et même certains électeurs du FN qui ne supportent pas Nicolas Sarkozy, il fera donc un bon score et deviendra président. Si François BAYROU se retrouve face à Ségolène ROYAL, il bénéficiera, outre ses électeurs du premier tour, des voix "sarkozistes" ne pouvant souffrir l’idée d’élire une présidente du PS.
  En fait Nicolas SARKOZY s’étant construit ces derniers mois face au concurrent Ségolène ROYAL, et réciproquement, les arguments “anti-SARKO” des uns et “anti-SÉGO” des autres sont une richesse argumentaire que va capitaliser François BAYROU.

   Pour le moment les gens qui refusent Nicolas SARKOZY, mais qui préfèrent voter au premier tour François BAYROU, reprochent à Ségolène ROYAL, la rigidité d’idées bien arrêtées et une contradiction fondamentale. En effet, lorsque Ségolène ROYAL, a annoncé il y a plus de 6 mois qu’elle allait construire son programme avec les idées et aspirations de la population, outre de faire ricaner certains qui annonçaient qu’elle n’avait pas d’idées, elle a séduit car les gens y voyaient aussi une démarche intelligente dans laquelle ils pouvaient faire passer leur préoccupations. Sa côte de popularité est tellement montée qu’elle a pu, au sein du PS même, s’imposer comme LA candidate. Pourtant lorsqu’elle annonça quelques idées comme celles d’obliger les enseignants du public à faire tout leur temps de travail sur leur site professionnel, alors qu’ils ont toujours travaillé à la préparation et à la correction sur d’autres lieux, elle a fait cette annonce sans avoir pris l’avis des syndicats enseignants ni l’avis des associations de parents d’élève qui étaient contre cette idée. Beaucoup purent alors réaliser que son intention de construire son programme avec les idées des gens était probablement fausse et destinée à attirer l’électeur. En y regardant bien, on s’aperçoit qu’elle a sur certains sujets des idées bien arrêtées qu’elle n’hésiterait pas à faire passer en force. Tout ceux qui s’en sont aperçu lui ont tourné le dos et ont, parce qu’ils étaient anti-SARKOZY, reportés leurs espérances sur François BAYROU. C’est ainsi que les enseignants, nombreux à voter PS s’appretent à voter massivement pour François BAYROU. Et même, s’il tenta autrefois de favoriser l’école privée, il se souvienne aussi qu’il s’en excusa, ce que l’on a du mal a imaginer chez ségolène ROYAL, comme d’ailleurs chez Nicolas SARKOZY ou Jean-Marie LE PEN.

   Quant à Nicolas SARKOZY, que dire d’un bilan brutal et contesté,  d’un appel à la rupture (et au karcher!) qui cache à peine la violence potentielle du personnage, de son attirance (comme référence) pour des pays européens où des gens de 75 ans, lorsqu’ils n’ont rien, sont obligés de travailler dur pour survivre. La destruction des minima sociaux, la valorisation du travail précaire pour gagner au coup par coup des cacahuètes, les références à l’Angleterre, montrent qu’il est du côté d’une mise au pas des travailleurs et d’un contrôle social autoritaire et policier des plus serrés. Il aura osé le fameux “Le travail rend libre”, en Allemend “Arbeit Macht Frei”. Au nom de certaines affaires, réellement graves, dont il s’émeut à priori à juste titre, il propose des solutions globales dans le but fondamental de contrôler la population, pour contrôler la traite du travail. Belle récupération inadaptée aux problèmes des gens, pour les seuls profits de ses amis. Et ne parlons pas de la criminalisation des petits enfants, de la traque aux enfants sans papiers, de la relégation dans des zones violentes pour eux, des femmes et hommes prostitué-e-s, des chiffres douteux et toujours manipulés, d’une gesticulation agaçante doublée de posture menaçante. Lui aussi, ne gouvernera qu’avec ses idées pas avec les aspirations des gens, même celles de ceux qu’il aura réussi à fasciner.

   Tout un climat étouffant et liberticide, moralisant sans la moindre éthique et respect, où qu’ils partent avec SARKOZY ou ROYAL, nombreux sont à penser qu’ils partent dans une aventure où on ne leur demandera pas leur avis, seulement de manoeuvrer les rames plus vite, plus longtemps, pour emmener un navire vers des eaux dangereuses et irréversiblement, avec naufrage à la clef. Galérer pour finir comme dans le TITANIC!
  Et là, nombreux sont ceux qui ont envie de dire stop, “y’en a marre”, et chercheront à le faire avec François BAYROU, dont la montée dans les intentions de vote ne peut qu’avoir un effet boule de neige. Les premiers sceptiques, voire carrément incrédules lorsque l’on annonçait cette possibilité il y a seulement 3 mois, le sont beaucoup moins maintenant et perçoivent l’utilité fondamentale de ce vote. D’autant que ceux, qui tout en appelant l’abstention ont critiqué et renvoyé dos à dos, tout en refusant LE PEN, ROYAL et SARKOZY ont fourni sans le vouloir les bases conceptuelles qu’il fallait pour l’incarnation, du candidat BAYROU désormais capable, à condition qu’on ne s’en abstienne pas, d’éliminer les candidats qui leur faisaient horreur.

   Qu’est-ce qui pourrait dans ces dernières semaines avant l’élection inverser le processus en faveur de Ségolène ROYAL et Nicolas SARKOZY ? L’actualité sociale, avec le scandale AIRBUS, mais tous ont donné leur appui et leurs solutions qui trouvent échos aux annonces du premier ministre De de VILLEPIN, neutralisant les effets des candidats. La gauche avait gagné les élections régionales et cantonales, mais l’augmentation des impôts locaux pourtant secondaire à la décentralisation et aux transferts de compétences vers les régions voulues par le gouvernement de Jean-Pierre RAFFARIN risque de la discréditer à l’exception des régions où les élus de gauche auront pu avec cet argent contribuer d’une façon visible à l’amélioration concrète et locale des conditions matérielles de vie... Mais il s’agit là de l’élection présidentielle, et ce bilan jouera plus lors des législatives qui suivront.
   La xénophobie montante, et un manque de compréhension intolérante généralisé, envers les plus fragiles et les étrangers réfugiés et sans papiers, dans la population et en particulier dans une trop grande partie de la jeunesse est l’ultime filon que va surexploiter Nicolas SARKOZY, anticipant la présence ou l’absence de Jean-Marie LE PEN aux élections. Mais un filon plein de dérapages qui contiennent intrinsèquement leur risques d’involution pour Nicolas SARKOZY. A quelques centaines de milliers de voix près la présence ou l’absence de tel ou tel candidat aura un impact réel. Si Jean-Marie LE PEN a ses parrainages, alors il est vital pour Nicolas SARKOZY de lui grapiller le plus de voix possible, ce qui n’est pas gagné. Si par contre Jean-Marie LE PEN est hors course, alors Nicolas SARKOZY anticipe de récupérer son électorat, ce qui évidemment pourrait lui donner de fortes chances, même au deuxième tour. Nicolas SARKOZY a d’ailleurs appelé en pure forme qu’il souhaitait la présence de Jean-Marie LE PEN dans l’élection, sans doute pour séduire la forte partie “anti SARKOZY” de l’électorat du Front National. En tout cas, vu la carte développée par Nicolas SARKOZY, qu’il se retrouve au deuxième tour et il sera vital de le battre.

   Finalement on  saura vraiment dés la fin du 1er tour si François BAYROU a ses chances, dans le cas contraire les duels  motiveraient une abstention plus forte, car on ne refera deux fois pas le coup de Jacques CHIRAC en 2002.  
  Par contre dans tous les cas de figure, François BAYROU, porte drapeau protestataire, au 2ème tour cristallisera autour de lui tous ceux qui ont une bonne raison pour refuser SARKOZY, ROYAL ou... LE PEN...
  Les législatives qui s’en suivront, handicaperont la majorité sortante, à moins que la gauche ne soit embolisée par les impôts locaux. Mais la gauche devrait être avantagée.
   François BAYROU président avec une majorité législative à gauche et au centre est tout de même la configuration la plus probable. Une situation inédite, qui réglera définitivement la question controversée de la candidature ROYAL ayant agitée la fin 2006, provisoirement celle de l’ascention dévorante de Nicolas SARKOZY et définitivement celle du “LE PEN président”. En attendant la suite...