11 avril 2009



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Psychiatrie: Une nouvelle Légalité hors la Loi ?

Nicolas Sarkozy, après le drame de Grenoble, en a profité pour stigmatiser la figure du malade mental forcément dangereux pour orienter et assujetir la psychiatrie publique au service de sa vision du sécuritaire. C'était en Décembre 2008. Fidèle à sa façon de gouverner: assujetir plus grand nombre en utilisant la sur-médiatisation d'un drame exceptionnel. par voie de circulaires confidentielles, il a ordonné aux préfectures le fait de tenir moins compte des avis des médecins hospitaliers en matière de levée d'internement ou de congés d'essai. Ainsi, contre l'avis des médecins hospitaliers, de nombreux malades restent hospitalisés de par l'obstruction des préfectures anticipant de toute façon la pensée du Maître. Et pourtant les malades mentaux sont rarement impliqués dans des affaires de meurtres en regard du nombre de meurtres. Ils sont par contre bien plus souvent victimes d'agression que les non malades et encore bien plus souvent victimes de vols.
Au mois de Février 2009, un rapport officiel est publié, le rapport Couty. Sur une soixantaine e pages, seules quatre pages sont importantes. Elles annoncent la création du dispensaire d'hygiène sociale et mentale type années 2O, rebaptisé Groupement local de coopération, devant se substituer à la psychiatrie de secteur issus d'une histoire de plus de 50 ans. La psychiatrie publique serait seulement hospitalière (avec médecins soumis au directeur, lui même soumis à l'ARS, en échange de quoi on propose au médecin de redevenir le supérieur hiérarchique de l'infirmier)). Le secteur extra hospitalier, ses CMP, CATTP, Hôpitaux de jour, disparaît au profit de ces énigmatiques GLC. Les GLC, soumis au pouvoir local, n'aura plus l'indépendance qu'avaient les CMP vis à vis de ces pouvoirs. Associatifs, voire privés, ils chercheraient investisseurs, pour rentabiliser un marché de malades psycho-sociaux. tandis que l'hôpital enfermerait les "déviants" dans un but de normalisation. Les vrais malades de psychiatrie, eux, non rentables, non dangereux pour l'écrasante majorité d'entre eux, n'auraient plus qu'à mourir dans la rue.
Le rapport Couty est issus d'une commission lancée en juillet 2008. plusieurs psychiatres hospitaliers, très favorables au secteur, ont travaillé dans cette commission. Mais lorsque ce rapport a été publié, aucun des avis des psychiatres n'avait été retenu. Le secteur était voué à disparaître. Les noms des psychiatres ayant participé à cette commission étaient par contre cités. C'est une véritable forfaiture que ce rapport, qui va servir de base à des amendements chargés de constituer le volet psychiatrie de la loi Bachelot dite HPST (Hôpital - Patient - Santé - Territoire), véritable entreprise de démolition de l'hôpital public au détriment des usagers.
A moins que ce rapport serve à élaborer des décrets, mais c'est peu probable. Du coup cela fait quelques semaines que la loi Bachelot a été voté au pas de charge. Il ne reste plus que le sénat. Et quelques amendements pour assujetir la psychiatrie publique au détriment de l'intérêt des usagers.
Il y a naturellement une grogne qui s'organise pour la psychiatrie publique, soutenue par l'écrasante majorité de la profession. Pétitions, appel des appels, appel contre la nuit sécuritaire, meetings. Plus de 23 000 signatures et cela continue. Des collectifs se montent sur différents hôpitaux et les instances de gestion des hôpitaux commencent à prendre ouvertement position contre la loi Bachelot, le rapport Couty, la vision Sarkozyste d'une psychiatrie sécuritaire. C'est une sédition qui s'organise. Instances institutionnelles de psychiatrie publique antagoniques au pouvoir politique. Mais jusqu'où cela ira-t-il ? Combien de soignants s'impliqueront-ils ? Pour le moment cela monte, cela monte. Un moratoire d'un an est demandé. En admettant que cela ne soit pas accepté, ou qu'au terme des un an, le pouvoir politique passe en force contre l'avis de l'autorité médicale, que se passera-t-il ?
Là est toute la question. Les médecins hospitaliers, et en particuliers les psychiatres ont toujours été très légalistes. Leur attachement à la loi, venait de leur position de missionnés, mais pas seulement. Ils tenaient pour important et structurant la référence à la Loi éthique, à la Loi symbolique. Jusque là, il y avait, depuis 40 ans un progrès de fait que la légalité couvrait la Loi éthique et pouvait la servir. Désormais avec le rapport Couty, la Gouvernance Sarkozyste et la loi Bachelot, une séparation nette, une divergence, une contradiction fondamentale, entre la loi symbolique et la légalité va voir le jour.
Toute la question est de savoir quelle loi suivront les médecins hospitaliers et en particuliers les psychiatres ? Soit par excroissance de surmoi archaïque la légalité contre la Loi symbolique, soit la Loi contre une légalité perverse. Dans les deux cas, il y aura désobéissance soit à la légalité, soit à la Loi.
Désormais, ils doivent envisager l'organisation de la désobéissance, c'est à dire du refus et du sabotage de l'application de la nouvelle légalité, au niveau de tous les centre hospitaliers coordonnés. Désobéir à la légalité hors la Loi, pour mieux obéir à la Loi.
Obéir à la LOI, aujourd'hui passe par la désobéissance à la législation perverse, fallacieuse et pseudo-démocratique du pouvoir politique.
Mais dans les faits, nous verrons comment ils s'organisent et au final quelle loi sera suivie...

A suivre
Le Cardinal